Europeanisation meets democracy from below: The Western Balkans Europeanisation meets democracy on the search for new European and democratic Momentum (WB2EU)

Le besoin de changement des Balkans Occidentaux. Un signal d’alarme pour l’Europe (EuropaNova, March 25 2021)​

La crise pandémique accentue le caractère vulnérable des pays des Balkans Occidentaux et expose les faiblesses des institutions publiques de la région, en particulier dans le secteur de la santé et en matière de protection sociale. Dans le même temps, et en raison de l’efficacité partielle du processus d’élargissement de l’Union européenne au cours des dernières années, la mise en oeuvre des réformes a stagné et certains pays ont même connu des régressions importantes de l’État de droit. La réponse à la crise sanitaire a permis une présence appuyée de nouveaux acteurs géopolitiques dans la région, surtout dans le contexte de la compétition vaccinale, la Chine, la Russie ainsi que les Emirats Arabes Unis.

Cette prise de conscience du fait que l’UE et l’Occident ne sont pas les seuls partenaires possibles, ne doit pas faire oublier le fait d’autres puissances, ne brillant pas leurs pratiques démocratiques, ont pour objectif d’utiliser le potentiel des Balkans Occidentaux pour promouvoir leurs intérêts ; il apparaît alors évident que la vision de Balkans démocratiquement libres et véritablement européens ne va plus de soi.

Après une longue période de mise en sommeil des élargissements de l’UE, le moment est venu d’agir et de réinscrire à son agenda politique l’ensemble des politiques réalisables dans la région. Dans la conjoncture de changements géopolitiques majeurs, l’Union européenne doit laisser de côté sa boîte à outils conventionnelle. Elle doit progresser dans l’européanisation de ses pays voisins des Balkans Occidentaux, fournir des financements importants et montrer une volonté politique suffisante dans ses propres politiques d’élargissement. La récente réforme de la politique d’élargissement comprend de nouvelles approches et de nouveaux mécanismes, mais provoque une certaine crainte de rester, en permanence, en marge du cercle de l’UE.

Il est donc grand temps pour l’UE de faire preuve de pragmatisme, de rassurer et de démontrer que ces pays sont de futurs États membres, et plus concrètement, d’accélérer la mise en place de plans d’investissements renforcés. Si les réformes internes de l’UE sont essentielles pour consolider ses structures, améliorer son fonctionnement et lui permettre de s’élargir, l’UE aurait tort de se replier sur ses propres frontières et de faire semblant de ne pas voir les défis croissants dans son entourage. Au contraire, une part d’optimisme pragmatique et de réalisme géopolitiqueaiderait à contrer l’accumulation: crise pandémique -interminables réformes – et fatigue des élargissements. Un acteur européen mondial avec une Commission européenne géopolitique en son centre, serait aujourd’hui la meilleure source d’inspiration pour partager les valeurs européennes, non seulement afin de protéger son mode de vie, mais aussi d’encourager et de convaincre par ses idéaux et ses réalisations démocratiques.

L’UE ne doit pas tourner le dos aux Balkans Occidentaux. Ils sont confrontés à des problèmes structurels profondément enracinés, allant d’un état défectueux de la démocratie à des sociétés accaparées par des élites dominantes, des partis politiques, des politiques exclusives et des discours nationalistes.

Les gouvernements – craignant un effondrement des systèmes de santé fondamentalement faibles – ont introduit des mesures strictes, y compris des états d’urgence sans limitation de durée, restreignant les libertés fondamentales et augmentant leur contrôle global sur les sociétés. Dans cette situation, le système d’équilibre des pouvoirs, déjà faible, s’est encore affaiblis, les parlements sont évincés, les procédures officielles ignorées et le pouvoir judiciaire émoussé. De telles dynamiques, justifiées par une situation de crise, ne font que renforcer la notion d’impunité et le manque de responsabilité des élites dirigeantes. Pourtant, il est absolument nécessaire de renforcer l’État de droit, pilier fondamental de toute démocratie libérale stable, et non de l’affaiblir.

Et plus encore, dans un contexte où le populisme, la polarisation et les tendances à l’autoritarisme sont en hausse, non seulement dans certaines parties de l’Europe, mais aussi dans le monde entier.

Certaines des élites au pouvoir, y compris au sein de l’UE, prétendent être démocratiques et favorables à l’intégration européenne, mais lorsque les projecteurs sont éteints, elles s’engagent dans des politiques clientélistes qui empêchent l’inclusion sociale et creusent les clivages au sein de la société. Le décalage entre les paroles et les actes nous rappelle que le processus d’européanisation a peut-être accordé trop d’attention aux élites et à leur position européenne formelle. Cela doit changer. En modifiant l’approche centrée sur les élites, les différents programmes de l’UE, tels que ceux qui soutiennent la mobilité, les déplacements sans visa, la société civile et les médias, gagneraient automatiquement en importance et deviendraient de véritables vecteurs de changement.

Les prochaines années seront décisives pour l’avenir démocratique et européen des Balkans Occidentaux.

En plus d’une perspective d’élargissement crédible et d’un récit positif des réformes qui doit être réinventé et revigoré, il est vital de stimuler l’État de droit, le dialogue civil, le pluralisme, ainsi que la justice sociale tout en renforçant la lutte contre la corruption. Alors que la crise pandémique fait rage, on observe quand même de nouvelles dynamiques régionales: un changement de majorité au Monténégro, après trente ans, amenant à de nombreux questionnements quant à la politique du nouveau gouvernement; les élections au Kosovo, où les jeunes générations et les femmes ont fortement voté pour Albin Kurti et Vjosa Osmani. Dans d’autres parties de la région, de nouveaux mouvements et initiatives ascendants et populaires luttent pour une vision plus large des sociétés justes et démocratiques. Ils sont encore embryonnaires et locaux, mais ils montrent le potentiel de la mobilisation et de l’engagement civique nés des luttes quotidiennes.

Ces mouvements civiques émancipateurs sont au centre de changements sociétaux plus larges qui devraient conduire à des sociétés plus démocratiques,

Il serait encourageant de voir l’UE soutenir farouchement ces nouvelles forces et s’y engager, créer un environnement propice au changement dans les pays voisins des Balkans Occidentaux et faire partie intégrante des débats internes à l’UE, par exemple dans le cadre de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Un nouvel élargissement de l’UE, un nouveau et véritable engagement en faveur de l’avenir européen de la région doit se fonder sur la mobilisation de sa population et l’instauration de la confiance – pour offrir des opportunités, donner de l’espoir et répandre l’optimisme. C’est ce dont ont besoin, de toute urgence, non seulement les Balkans Occidentaux, mais aussi l’ensemble du continent européen en ces temps de crise pandémique et les conséquences qu’elle entraîne libres, égales et justes dans les Balkans Occidentaux. C’est pourquoi une attention plus soutenue et plus cohérente au regard de la dimension sociale et civique de la région semble inévitable.

Au nom du réseau WB2EU, cofinancé par la Commission européenne dans le cadre du programme Erasmus+ Jean Monnet (www.wb2eu.eu):

Paul Schmidt, Austrian Society for European Politics (ÖGfE)

Vedran Džihić, Austrian Institute for International Affairs (oiip)

Inva Nela, Cooperation and Development Institute (CDI)

Nedžma Džananović Miraščija, University of Sarajevo,Faculty of Political Sciences

Evelina Staikova-Mileva, New Bulgarian University,Centre for European Refugees, Migration and EthnicStudies (CERMES)

Senada Šelo Šabić, Institute for Development andInternational Relations (IRMO)

Amélie Jaques-Apke, EuropaNova Deutschland / EliseBernard, EuropaNova France

Katrin Böttger, Institut für Europäische Politik (IEP)

Nikolaos Tzifakis, Department of Political Science and International Relations (PEDIS), University of the Peloponnese

Christina Griessler, Andrássy University Budapest (AUB)

Eleonora Poli, Istituto Affari Internazionali (IAI)

Venera Hajrullahu, Change Experts Group (CEG)

Jovana Marović, Politikon Network (PIN)

Ivan Stefanovski, EUROTHINK – Centre for European Strategies

Rufin Zamfir, GlobalFocus Center

Marko Savković, Belgrade Fund for Political Excellence (BFPE)

Marko Lovec, University of Ljubljana, Faculty of SocialSciences – Centre of International Relations (CIR)

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